Lettre EPS
Restera-t-il bientôt des enseignants titulaires dans l’Éducation nationale ?
La question se pose sérieusement. Les concours de recrutement sont de plus en plus désertés. Sans doute que l’indicateur ultime de cet effondrement sera le jour où le CAPEPS, à son tour, ne fera plus recette.
Ce n’est pourtant pas faute de sonner l’alarme depuis des années, en exigeant une vraie revalorisation des salaires qui, rappelons le, pour les enseignants sont en moyenne inférieurs de 1 000 € par mois comparés à ceux des autres cadres A de la fonction publique d’État.
Malgré ces écarts insupportables, c’est un nouveau coup de rabot qui vient d’être porté à nos rémunérations, puisqu’en application du très récent décret n°2025-197, c’est dorénavant l’indemnisation de nos congés de maladie ordinaire qui se voit amputée. À partir du 1er mars, et durant les 3 premiers mois de congés, les P. EPS, comme les contractuels, ne percevront plus que 90 % de leur traitement indiciaire. Faites vos calculs !
Le SNALC ne conçoit pas cette dernière attaque de notre pouvoir d’achat (de notre « pouvoir vivre » serait plus juste) comme une énième contribution (estimée à 900 M€) aux « efforts de guerre » – nous en avons déjà assez fait – mais plutôt comme un nouveau sabotage de la fonction publique, qui incite ses forces vives à la déserter.
Ce n’est certainement pas ainsi que l’on vaincra l’inculture et ses dangers pour la République.
Laurent BONNIN,
Secrétaire national chargé de l’EPS
Enseignants d’EPS – SNALC