Lettre AED – AESH
Mercredi 5 mars 2025, les députés ont débattu avec Madame Elisabeth BORNE, ministre de l’Education nationale, du bilan de la loi du 16 décembre 2022, appelée loi Victory, dont l’objectif était de lutter contre la précarité des AESH et des assistants d’éducation.
Le SNALC, représenté par son président national Jean-Rémi GIRARD, et auditionné en amont du bilan de cette loi, ne peut que partager la conclusion du rapport d’évaluation de cette loi : si des améliorations ont été permises en facilitant l’accès au CDI pour les AESH (après 3 ans de CDD) et les assistants d’éducation (possibilité de CDIsation après 6 ans de CDD) force est de constater que le chemin restant à parcourir pour en finir avec la précarité de ces personnels est encore très long !
Cependant, lors de cette séance à l’Assemblée nationale, dans son bilan personnel comme dans ses réponses aux questions des députés, notre ministre n’a cessé d’encenser les mesures prises par les différents gouvernements d’Emmanuel MACRON depuis 2017 en faveur des AESH et AED.
Aux questions des députés portant principalement sur :
- les salaires insuffisants, elle répond : effort budgétaire considérable de la part de l’Etat pour ces personnels (+ 40% de hausse des rémunérations depuis 2017) ;
- la précarité des contrats, elle répond : amélioration des conditions d’emploi depuis la loi Victory (entrée en application à la rentrée de septembre 2023) ;
- le manque de formation, elle répond : la formation initiale et continue doit exister, elle doit être élargie et renforcée ;
- la crise des recrutements (notamment d’AESH), elle répond : très forte hausse des recrutements avec poursuite de ces embauches à la rentrée 2025 (+ 2000 postes pour les AESH et + 800 pour les AED), donc amélioration de l’attractivité ;
- la dégradation des conditions de travail, elle répond : les conditions de travail ont été améliorées et tous les acteurs (ministère, rectorat, DSDEN, collectivités territoriales…) travaillent pour des emplois de qualité puisqu’il y a consensus sur cette question ;
- l’absence d’une professionnalisation de ces métiers, elle répond : le problème est complexe ;
- les dysfonctionnements des PIAL, elle répond : Pôles d’Appui à la Scolarité ou PAS grâce à leur approche pluridisciplinaire Education nationale/Médico-social (avec généralisation en 2027) ;
- la mutualisation de l’accompagnement, le cas des élèves en situation de handicap notifiés et non accompagnés, elle répond : anticipation des besoins dans le cadre des PAS (plus besoin d’attendre les notifications MDPH pour prendre en charge des élèves en situation de handicap) ;
- la prise en charge des élèves avec des handicaps très lourds, elle répond : extension du maillage des ULIS et poursuite des créations d’ULIS (+ 300/an) ;
- les temps incomplets (ou temps partiel imposé), elle répond : loi VIAL ou travail rémunéré par l’Etat sur le temps méridien et proposition de missions nouvelles aux AESH ;
- l’absence de perspectives de carrière, elle répond : VAE et reconversion hors Éducation nationale ;
- …
Le SNALC vous laisse juger par vous-même de la pertinence des réponses de notre ministre à vos problématiques.
Pour conclure, les députés ont parfaitement mis en exergue les maux, c’est-à-dire les souffrances des AESH et AED à exercer leur métier et à en vivre dignement. Mais, les mots de Madame BORNE confirment que notre ministère ne reconnaît pas ou refuse de voir ces maux. Votre employeur n’a toujours pas pris la mesure ou n’a pas la volonté d’engager les réformes qui permettraient de véritables avancées – c’est-à-dire faire du qualitatif et non du quantitatif – en commençant par la création d’un statut de fonctionnaire pour les AESH et les AED.
Danielle ARNAUD,
Secrétaire nationale du SNALC chargée des personnels contractuels