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Double peine

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Lettre Professeur des écoles

Alors que tous les corps de métier foulent le pavé pour essayer de sauver ce qui peut être sauvé dans une réforme des retraites très contestée, pour les professeurs des écoles, sans un réel et conséquent rattrapage des salaires cette réforme des retraites, c’est la double peine.

La contestation du moment des professeurs n’est pas uniquement motivée par la remise en question de l’âge de départ à la retraite, elle est bien plus profonde. Cette réforme est la goutte d’eau qui fait déborder un vase qui débordait déjà depuis longtemps. Or, rien ne semble être fait pour améliorer quoi que ce soit, bien au contraire. L’absence de considération et les injustices viennent, années après années, renforcer le sentiment de mépris, à l’image de l’oubli de certains textes officiels tels ceux autour de l’allocation IUFM dont nous parlerons dans cette lettre. C’est quand même bizarre : quand les textes ne sont pas à notre avantage, ceux-là ne sont jamais oubliés…

Pas facile de faire entendre la voix des professeurs des écoles. D’autant plus que l’opinion publique ne comprend pas ces « enseignants qui se plaignent toujours ». Comment ces profs osent-ils d’ailleurs avancer qu’enseigner à 65 ans est difficile ?! Comment peuvent-ils soutenir que maître d’école, c’est un métier pénible ?!  Les non-enseignants ne peuvent pas se rendre compte de la situation morale, sociale et financière catastrophique des professeurs en comparaison avec ce qu’elle était il y a 50 ans ou avec les fonctionnaires des autres fonctions publiques. Car pour le commun des mortels, un professeur des écoles ne travaille QUE 24 heures par semaine et il est toujours en vacances, « et ça se plaint ! ».  Et bien évidemment, tout est fait pour faire croire qu’à l’école tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, on annonce sans cesse que les profs sont revalorisés sans jamais l’être, on crie haut et fort que leurs conditions de travail sont plus qu’appréciables et que pour s’occuper des enfants, il n’est pas nécessaire d’avoir un niveau d’études très élevé…  Difficile de faire comprendre avec de telles considérations, ce qui fait de notre métier, un métier d’autant plus pénible que l’âge de la retraite approche.

Oui, notre métier est pénible. Certains diront que notre travail n’est pas physique et épuisant et pourtant le nombre de dépressions liées au stress et à la fatigue ne cesse d’augmenter. La pénibilité est avant tout morale, avec un stress grandissant lié à des conditions de travail qui se détériorent, des difficultés et des missions qui se multiplient, tout cela pour une reconnaissance salariale minable et une considération humaine déplorable. Preuve en est, malgré les conditions idylliques d’exercice du métier, le nombre de démissions ne cesse de croître et le nombre de candidats pour le « job » ne cesse de baisser. Et ceux qui font le choix de rester, à défaut d’avoir les possibilités et les compétences pour se reconvertir, ne peuvent même plus parfois quitter leur région à cause du manque d’attractivité qui verrouille de plus en plus l’entrée ou la sortie de certains départements et réduit à néant l’espoir et la motivation de centaines de personnes.

En attendant, pendant que le porte-parole du gouvernement à sec d’arguments qualifie le mouvement social d’apocalypse écologique et humaine, les professeurs sont dans la rue et appellent au secours pour faire entendre que retraite, salaire, reconnaissance, attractivité, niveau des élèves, avenir de l’école, etc., tout est lié.

Christophe GRUSON,
Secrétaire national SNALC premier degré

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