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« Emmerder », vous avez dit « emmerder » ?

© Pixabay_Alexas_Fotos

Lettre Contractuels

Il y a quelques jours, lors d’une interview au journal Le Parisien, le président de la République, Emmanuel Macron, a déclaré : « Je ne suis pas pour emmerder les Français. Je peste toute la journée contre l’administration quand elle les bloque. Eh bien, là, les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. »

Si les médias et plus largement les français ont focalisé, le plus souvent en s’en offusquant, sur l’utilisation du verbe « emmerder » et sur la catégorie ciblée, les non vaccinés, le secteur contractuels du SNALC a retenu : « Je peste toute la journée contre l’administration quand elle les bloque. ».

En effet, ça fait des lustres que l’Éducation nationale emmerde les contractuels et bloque ces derniers dans la précarité, les privant ainsi de toute possibilité de se projeter dans l’avenir.

Parmi les emmerdes – la liste est très longue – on peut citer :

  • l’angoisse, et l’attente parfois interminable, de ne pas être rappelé(e) ;
  • les tentatives échouées pour joindre le bon interlocuteur ou tout simplement un interlocuteur au rectorat ou ailleurs ;
  • les affectations aléatoires, fréquemment tardives et de courte – trop courte – durée ;
  • la prise en charge de classes au pied levé, et souvent devant lesquelles tant de collègues ont craqué ;
  • le manque d’informations et de formation, débrouillez-vous tout(e) seul(e) ;
  • la quotité de service imposée ;
  • le service partagé sur 2 voire 3 ou 4 établissements ou écoles, rallongeant les temps de trajet ;
  • le salaire irrégulier, versé en retard et trop faible ;
  • les pressions, voire l’autoritarisme de la hiérarchie, pour rester bien docile et corvéable à merci ;
  • les documents administratifs, dont l’attestation employeur, délivrés après maintes réclamations ;
  • l’absence d’un système subrogatoire en cas de congés maladie générant des trop perçus et des difficultés financières parfois dramatiques…

Alors Monsieur le président de la République, soit vous avez oublié de pester contre le ministère de l’Éducation nationale afin qu’il n’emmerde plus ses contractuels, soit votre autorité est d’une inefficacité remarquable.

En 2022, pour de meilleures conditions d’emploi, de rémunération et de travail, votez lors des élections professionnelles de décembre pour élire vos représentants dans les instances nationales et académiques. Vos élus seront à même de porter vos revendications et défendre vos intérêts face à l’administration.

Par le vote, refusez d’être emmerdé(e) par une institution qui de toute façon ne peut pas fonctionner sans vous et mettez fin aux blocages à une vie professionnelle épanouie, accompagnée d’un quotidien décent.

Pour atteindre cet objectif, soyez assuré(e) que le SNALC sera à vos côtés, qu’il continuera à mobiliser toute son énergie, ses compétences et son expérience pour améliorer votre situation professionnelle, dont l’obtention d’un nouveau plan de titularisation.

Danielle Arnaud,
secrétaire nationale chargée des contractuels,
contractuels@snalc.fr

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