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« Prof », la belle vie !

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Lettre Professeur des écoles

Il est encore courant d’entendre ici ou ailleurs : « Les profs ? Ils sont bien payés pour ce qu’ils font ! ». Si cela peut s’apparenter à de la provocation, certains le pensent, hélas. Rien de surprenant, la réalité du métier de « prof » des écoles est bien différente de ce qu’elle laisse paraître.

Et pour cause, quand il est fait mention du statut de fonctionnaire de catégorie A des PE, cela renvoie immédiatement à l’image d’un niveau de vie confortable. De plus, les annonces de revalorisations illusoires depuis 15 ans n’ont rien arrangé. Une partie de la société, qui vomit sur toute la fonction publique sans faire de distinction, refuse d’admettre que les professeurs gagnent en moyenne 1 000 euros de moins par mois que les autres fonctionnaires de la catégorie A.

Le temps de travail hebdomadaire des PE est également souvent l’objet d’une ignorance crasse : « Les profs des écoles se plaignent, mais ils ne travaillent que 24 heures par semaine et en plus, ils ne bossent pas le mercredi ! ». Il n’y a guère que les PE, dans les faits, qui savent qu’une charge de classe nécessite entre 40 et 45 heures de travail par semaine. Une fois rentrés chez eux, leur journée est loin d’être terminée : préparation des cours, corrections, conception, remédiations, différenciation et autres tâches pédagogiques occupent 4 à 5 heures supplémentaires par jour de classe. Les soirées de détente devant un film sont rares, car après le repas, c’est le contenu de son cartable que l’on regarde. Quand on est professeur des écoles, on pense en continu à sa semaine de classe et à ses élèves.

La difficulté et la reconnaissance du métier sont aussi concernées par ce dénigrement. On entend parfois des remarques telles que : « S’occuper des enfants, organiser des jeux et des activités, ce n’est pas compliqué ! ». Pour beaucoup de parents, l’école sert de garderie, la mission essentielle de l’enseignant se limite à la prise en charge des enfants, et être prof, c’est plus une passion qu’un métier. Cette perception trouve ses origines dans une vision archaïque, héritée d’une époque où l’éducation des enfants était exclusivement confiée aux mères, alors exclues du monde du travail. Une vision sexiste qui, pendant des décennies, a contribué à la féminisation de la profession, souvent reléguée, encore aujourd’hui, au rang de « sous-métier ». Le SNALC invite toute personne estimant que ce métier est facile à venir « s’occuper » d’une classe de 30 élèves de maternelle pendant trois heures…

Un énième préjugé dégradant consiste à sous-estimer le niveau de compétences requis pour exercer ce métier, en considérant que pour enseigner à l’école primaire, des connaissances du niveau CM2 suffisent. Doit-on rappeler que la majorité des professeurs qui enseignent ont fait 5 ans d’études après le bac ? Les connaissances en mathématiques, en français ou en géographie, bien qu’essentielles, ne suffisent pas pour relever les défis de 2026 liés à la réussite scolaire ou encore à la gestion des comportements déviants ou dangereux de certains élèves.

Venons-en à ce qui est considéré comme un privilège : les vacances scolaires. L’idée que les enseignants ont la chance de pouvoir partir en vacances pendant deux mois l’été et en séjour à la neige en hiver est très loin de la réalité. De nombreux PE n’ont plus les moyens de partir, ne serait-ce qu’une semaine loin de chez eux. Toutes les périodes de vacances scolaires sont cruciales – et indispensables – dans un métier où chaque journée est épuisante moralement et de plus en plus physiquement. Pour autant, ce ne sont pas des congés à proprement parler pour les PE, notre administration parle d’ailleurs de « vacances de classes » : une part significative des vacances est dédiée à la préparation des cours et à d’autres tâches professionnelles. Il en va de même pour la pause du mercredi, indispensable pour souffler et réorganiser la ou les semaines à venir.

Quand on est prof, on a l’habitude de ces repas de famille qui sont l’occasion pour certains de lâcher quelques remarques lourdes et mesquines. Cela finit par ne plus nous atteindre au bout de plusieurs années. Cependant, lorsque ce sont des responsables politiques qui tiennent devant les médias des propos dénigrant notre profession en reprenant ces clichés, cela relève soit du mépris, soit d’une méconnaissance profonde. C’est dans ce contexte que le ministère envisage des réformes structurelles qui auront des répercussions catastrophiques sur le métier. La réduction des vacances scolaires ou la réintroduction des cours le mercredi matin, sous prétexte d’améliorer les résultats des élèves, vont accentuer considérablement l’épuisement des enseignants du premier degré.

Le SNALC dénonce des mesures qui entraîneront fatalement des démissions et anéantiront définitivement toute motivation à rejoindre la filière enseignement.

Christophe GRUSON, secrétaire national SNALC chargé du premier degré

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