Lettre Conditions de travail & Climat scolaire
Récemment, notre ministre a voulu frapper l’opinion en parlant de « séisme démographique », évoquant la prévision d’une baisse importante du nombre d’élèves d’ici dix ans (14 % -1,7 million). Le SNALC dénonce, dans les instances comme dans les médias, ce qui semble être une énième justification pour poursuivre une politique de suppression de postes et de moyens, qui perdure depuis des années. Bien au contraire, ce phénomène permettrait d’abaisser le ratio d’élèves par classe.
Certes la démographie est un sujet important, mais c’est loin d’être le seul dans l’Éducation nationale ! Ainsi, le ministre évoque ce séisme mais n’aborde pas les autres.
La maison EN est en effet secouée par des problèmes bien plus graves. L’école, jusque dans ses fondements, est violemment ébranlée. C’est tout d’abord la crise du recrutement des personnels mais aussi celle de l’autorité, qui favorise la banalisation et l’augmentation des violences en milieu scolaire, ou encore celle de ses missions (inclusion mal gérée, politique pédagogique illisible, diplômes dévalorisés, etc.). Tout cela vient directement fragiliser et mettre en danger la santé (physique et mentale) des personnels comme des élèves.
L’école ressemble de loin à une grande garderie, avec des personnels dépossédés de leur professionnalisme, sommés d’obéir et d’agir, mais surtout sans faire de vagues. Tel est le regard insupportable que nous renvoie la société actuellement. Et que nous vivons au quotidien.
C’est pourquoi le SNALC, dans les médias comme auprès des autorités compétentes, continuera son rôle de lanceur d’alerte comme celui d’une force de proposition pour enrayer l’effondrement en cours de notre institution, qui n’a rien d’inéluctable.
Élise BOZEC-BARET
Secrétaire nationale chargée des conditions de travail et du climat scolaire
& Maxime REPPERT, vice-président du SNALC
conditionsdetravail@snalc.fr





